Lectures familiales

Lire n'est pas un acte solitaire, c'est un moment de partage !

Interview de Cécile Koppel

7 Commentaires

Bonjour,

Comme à chaque fois que je ne viens pas d’une  journée, j’ai l’impression que ça fait une éternité que je ne vous ai pas écrit.

Normalement hier j’aurais du faire une chronique du Passeur des âmes : Dylan d’Isabelle Hermelin ….malheureusement le passage du format PDF a format Mobi a faussé ma lecture, mais ce n’est que partie remise 😀

Bon, trêve de bavardage… Aujourd’hui je vous propose une petite interview de Cécile Koppel.

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Je l’ai rencontré au Salon du livre de Mazamet…quel dynamisme ! Et quand elle parle de sa série : Le Monde D’Anaonil quelle passion !! 🙂

Lorsque j’ai lu le 1er tome Auriane, ce fut un coup de cœur et le fait de pouvoir partager avec l’auteur son ressenti, ses questions est vraiment un plus, surtout que Cécile est d’une précision rare dans ses réponses. Enfin, tout ça pour vous expliquer que Cécile Koppel, que ce soit pendant ma lecture ou après c’est gentiment prêté au jeu de l’interview. Alors si vous voulez en apprendre plus…laissez-vous emporter !

 

Comment vous êtes-vous lancée dans l’écriture ? Qu’est ce qui a fait un déclic?
Je me suis dit un jour (le 10 aout 2010, date symbolique pour moi) « Qu’est-ce que tu n’as encore jamais fait et que tu veux faire dans ta vie ». Ecrire. Ecrire un vrai livre. Long. Complet. Une histoire que je mènerai d’un bout à l’autre et pour laquelle je déciderai de tout. … et je m’en pensais tout à fait incapable, mais je me suis dit qu’il fallait que j’essaie et que je verrai bien.
Pourquoi ce style littéraire ?
Dans quel « style » me mettez-vous ? En fait, j’en sais trop rien, peut-être Urban Fantasy 😉
Mes lecteurs ont entre 12 et 86 ans avec des retours enthousiastes dans toutes les tranches d’âge, garçons et filles, quel que soit le milieu de travail ou le milieu social… Cette variété de lecteurs est très étonnante pour moi. Il y a surement beaucoup de choses qui peuvent expliquer ce consensus autour de mes héros. Ce qui est vraiment le fond de mes livres, ce n’est pas la science-fiction, ni l’aventure. Ce sont les relations humaines. Je n’ai pas choisi des ados comme personnages principaux (comme c’est presque toujours le cas dans les sagas). J’ai choisi cet âge où on commence à réaliser que tout n’est pas tout blanc ni tout noir… Cet âge où on prend peu à peu conscience que les gentils ne sont pas toujours gentils et les méchants pas seulement méchants. Que la vie c’est compliqué. Qu’on ne fait pas exactement ni ce qu’on veut ni comme on aurait voulu le faire.
Mes héros ont entre 18 et 19 ans. C’est une période fondatrice dans la vie de chacun. Le fait d’accompagner mes héros sur le chemin qu’ils sont obligés de suivre équivaut pour le lecteur à se questionner lui-même sur ce qu’ont été pour lui ces années charnière et le parcours initiatique qu’il a lui-même suivi pour devenir un adulte. D’autre part j’ai soigné la psychologie de tous les personnages. Les adultes qui entourent ces jeunes gens sont « vrais » et les relations qu’ils ont tous entre eux le sont aussi. Le lecteur comprend ce qui les porte et les fait agir. (Bien souvent les adultes des sagas du même style que la mienne sont tous morts ou complètement déficients… et quand je lis, leur attitude stupide ou leur totale absence mal justifiée me sort de l’histoire). J’ai mis le plus de réalisme possible même dans tout ce que j’invente. J’ai fait en sorte que le texte coule en apportant les informations au moment où elles sont utiles sans noyer le lecteur ni dans des descriptions, ni dans des explications… Je n’ai pas écrit en visant une tranche d’âge de lecteur. Je n’ai pas cherché à utiliser une quelconque recette pour plaire à une catégorie particulière. Je n’ai pas choisi un style littéraire. J’ai écrit une histoire comme je les aime, une histoire qui nous emporte mais qui, entre les lignes interroge nos propres vies et bouscule nos certitudes.
… En lisant les retours que je reçois, je me rends compte que je ne suis pas la seule à aimer ça !
Comment commence-t-on à écrire un roman tel que Le monde d’Anaonil ?
Se dire : « je vais écrire » c’est comme se dire « je vais peindre, …ou dessiner, …ou jouer du piano », ou… n’importe quoi qui se range dans la case « activité artistique ». Si on ne l’a jamais fait, on s’en sent tout à fait incapable mais on sait que le plaisir, ce ne sera pas d’y parvenir. Ce sera le chemin qu’on aura suivi en essayant. Quand le bonheur qu’on trouve à un projet n’est pas sa réalisation finale mais tout ce que ce projet nous aura fait vivre, partager ou découvrir en chemin, on peut se lancer dans n’importe quelle entreprise ! Ceci étant dit, se mettre réellement à écrire, c’est la même sensation que de sauter d’un très haut plongeoir. On a une grande appréhension et il faut réussir à se lancer ! Je n’en ai parlé à personne. J’ai fait apparaitre un personnage dans ma vie de tous les jours. Je ne savais rien de lui, …absolument rien… et lui ne savait rien de moi. Je ne savais rien de l’histoire. Je n’avais aucune idée que je venais de commencer une épopée qui ne prendrait fin que 1400 pages (en format A5) plus tard.
Je n’en ai parlé à personne. J’ai disparu. J’ai été emportée dans une transe qui a duré 2 ans
Comment avez-vous créé le monde d’Onil? Qu’est-ce qui vous en a donné l’idée?
J’avais besoin que mon héros arrive d’un ailleurs très différent par ce que je voulais à travers lui regarder et interroger le monde dans lequel je vis. Je ne voulais pas d’une autre culture existante ou inventée sur notre terre. Je voulais un ailleurs qui aurait une organisation sociale qui n’ait absolument rien à voir avec la nôtre. Un ailleurs où rien de ce qui discrimine une chose une personne une situation l’une par rapport à l’autre ne soit de la même nature que les discriminations en place et bien ancrées dans la plupart des sociétés du monde où nous vivons (sexe, religion, couleur de peau,
castes et niveau social, … etc…).

Mais je voulais qu’il y ait un lien physique. Que ce soit quand même le même monde, les mêmes humains. Que le lecteur puisse se dire que les choses pourraient être
organisées ainsi chez lui aussi. Pas une autre planète, donc… Pas des extraterrestres. La solution s’est imposée d’elle-même : un présent parallèle. Le même monde physique mais où les humain ont développé d’autre technologies et fait d’autres choix sociétaux.

 

le monde d'anaonil 1
Le vocabulaire spécifique a-t-il une source connu où vient-il de votre imagination?
J’ai imaginé chaque nom d’objet … et j’ai découvert que je faisais cela avec une très grande facilité.
J’ai été étonnée de ce que le meilleur nom, celui que je retenais, était au final presque toujours celui qui m’était venu à l’esprit en premier. Chaque nouveau mot m’a paru bizarre et parfois même ridicule un court temps, jusqu’à ce que je relise mon texte à haute voix plusieurs fois et que ce mot entre dans mon vocabulaire intérieur. J’ai tout rapidement inscrit chaque nouveau mot dans le lexique de mon correcteur d’orthographe. Plus rien ne les différenciait plus des mots « normaux » et parfaitement répertoriés dans les dictionnaires.
C’est d’entendre d’autre personnes les utiliser qui m’a surpris quand j’ai commencé à avoir des lecteurs. C’est comme si on était intronisé au sein d’une secte d’initiés… ceux qui savent de quoi on parle quand on dit en riant « Ah oui… c’est ton resil !» ou « Il me faudrait un telib » ou encore « Bon…active ton trad ! » (J’ai d’autre exemple mais il vous faut continuer le voyage. Vous ne connaissez pas encore ces mots-là !)
Pouvez-vous nous expliquer leur naissance (telib par exemple) ?
Ces mot sont ont été créés avec l’aide de mon subconscient et je peux après coup essayer de deviner d’où ils sont arrivés dans mon esprit. Mais ce ne sont que des suppositions. Par exemple le thérmato rend dans son nom-même une idée de chaleur et de régulation… le telib est un mot que je pense avoir été influencé par le mot « vélib » (les vélos parisiens) et le « T » de l’autoroute (…alors que j’ai inventé ce mot longtemps avant de savoir que le passage du « T » d’autoroute aurait, pour Onil, le rôle important qu’il a dans l’histoire… Tout finit par s’imbriquer grâce à l’inconscient qui participe très discrètement mais très activement à la construction.
Pourquoi avoir choisi de plonger le lecteur directement dans l’histoire, sans présentation?

Quand j’ai commencé à écrire cette histoire, je l’ai commencée abruptement… Enfin… pas tout à fait. …Les premiers mots que j’ai écrits étaient moins abrupts. C’était le début de ce qui est aujourd’hui le chapitre 0 (c’est-à-dire quand Onil arrive dans notre dimension).
Comme je ne savais rien d’Onil et rien de l’histoire, j’ai cherché la raison pour laquelle Onil se retrouvait chez nous. Cette raison, je n’en avais absolument aucune idée. Je voulais qu’Onil soit dans une situation catastrophique et qu’il ait une réelle bonne raison de fuir son monde. J’ai donc bidouillé un texte que j’avais écrit quatre ou cinq ans auparavant et où le héros se trouvait dans une situation dramatique. J’en ai gardé la trame et j’en ai fait les 6 premiers chapitres.

A l’origine ces chapitres étaient normalement numérotés du chapitre 1 au chapitre 6. (L’actuel chapitre 0 s’est appelé « chapitre 7 » jusqu’à ce que j’ai terminé d’écrire).
J’ai continué à écrire en cherchant « comment » il avait fait… et ce n’est que longtemps après que j’ai vraiment finalisé la raison pour laquelle Onil s’est retrouvé dans cette situation, le « pourquoi » qui fait qu’il est différent, même dans la dimension d’où il vient… (…C’est une particularité que vous ne connaissez pas encore et dont je n’avais à l’époque aucune idée moi non plus … mais je l’ai, en écrivant, construite, peaufinée, articulé… Maintenant bien sûr, je la connais parfaitement… …et… …je vais m’arrêter là car c’est très difficile pour moi de parler de la genèse de l’histoire en faisant très
attention de ne rien spoiler de la suite…)
Donc, la raison pour laquelle j’ai plongé le lecteur sans présentation directement dans l’histoire, c’est que j’aurai été bien en peine de lui expliquer quoique ce soit, moi qui ne savais encore que si peu de choses ! Par la suite, je n’ai jamais eu envie de transformer cette entrée en matière. C’est un choix.
Le lecteur qui veut bien se laisser faire est précipité dans l’histoire. Il se retrouve comme moi à l’époque où j’ai commencé à raconter l’histoire d’Onil : il ne sait rien. Il découvrira les choses par petites touches, au fur et à mesure que je les ai moi-même imaginées, articulées, … au fur et à mesure que l’histoire s’est fabriquée en me surprenant moi-même plus d’une fois !

 

 

Photo  du livre:Le monde d'Anaonil - Tome2: Serdhif  par Cécile Koppel

A paraître !! Et j’ai hâte 😉

Onil, Solim : Est-ce que ces prénoms ont une signification et si oui laquelle?
Comment avez-vous choisi les prénoms des autres personnages ?
Les noms inventés sont ceux du monde d’Anaonil. Dans le monde d’Anaonil, le nom-entier d’une personne est une construction compliquée que j’ai peaufinée à part… et chaque nom complet, a une signification. Mais pour ce qui est des noms usuels des personnages, cette partie du nom complet qu’on utilise pour les nommer couramment, j’ai toujours utilisé la même méthode. J’ai fabriqué lesnoms au fur et à mesure des besoins en choisissant chaque fois une première lettre pas encore ou peu utilisée comme initiale de nom dans mon texte et j’ai inventé une suite qui sonne bien.
Je l’ai fait en pensant aux lecteurs qui ont la même manière de lire que moi. Quand je lis, je ne lis pas les noms (à part ceux des personnages principaux). Les noms sont pour moi une image avec une première lettre et un truc qui suit en dessinant quelque chose sur le papier. Quand je croise ce « dessin »-là dans le texte, je sais qu’il s’agit de tel ou tel personnage… …Ceux qui lisent comme moi peuvent ainsi savoir de qui il s’agit d’un seul et très rapide coup d’œil presqu’en ne repérant que l’initiale du nom.
L’envie me brûle de savoir pourquoi Ulysse mais je suppose que vous ne
pouvez pas me répondre sans spoiler la suite !! …La mythologie grecque
« influence » t-elle d’autres points de votre roman ?
Vous allez être surprise et peut être déçue… Le nom d’Ulysse a été un choix fait sans aucune référence à la mythologie Grèque… Je travaille en crèche et j’ai partagé la vie de centaines d’enfants en 30 ans… Je n’avais jamais rencontré d’ « Ulysse ». Début septembre 2010, j’étais très fière d’avoir choisi ce prénom pour le héros d’une histoire que je commençais à peine… J’étais fière d’y avoir pensé… Quelque semaine plus tard, je croise mon voisin dans la rue et il m’annonce la naissance de son fils, un petit Ulysse …qui a aujourd’hui 6 ans !… Il vit toujours en face de chez moi, ses parents sont devenus des fans de ma saga ! Cet Ulysse-là est, à ce jour, le seul Ulysse que j’ai croisé…
Quand j’ai (plus tard) décidé que mon héro arrivait d’un présent parallèle, il ne pouvait plus s’appeler Ulysse. Mais je m’étais tellement habituée à ce que ce soit son nom que j’ai cherché une raison qui fasse qu’il puisse quand même s’appeler Ulysse… Et l’histoire a continué de se construire en incluant ce problème de nom… J’ai trouvé une explication, je lui ai trouvé un autre nom pour chez lui, et j’ai introduit le tout en douceur dans l’histoire. Cette histoire s’est fabriquée souvent autour de problèmes qui se posaient à moi et pour lesquels j’imaginais des solutions qu’il fallait que je rende crédibles, ce qui m’obligeait souvent à inventer d’autres choses… et d’autres encore…. Puis je faisais
en sorte de tout articuler correctement pour que tout se tienne.
Vous serez encore plus surprise d’apprendre que ce n’est qu’au moment où Ulysse demande à Ambroise ce qu’évoque le nom d’Ulysse pour les habitants de son monde (donc encore quelques temps après) que j’ai réalisé le potentiel incroyable qu’il y avait dans ce prénom (J’ai mis ça sur le compte d’un hasard chanceux et je l’ai utilisé à fond !)
Voulant rester parfaitement crédible en ce qui concernait la trace laissée par le héros d’Homère dans l’esprit de la jeunesse actuelle, je suis allée enregistrer le vrai Ambroise (18 ans à l’époque). Je lui ai demandé par surprise ce qu’il savait d’Ulysse et j’ai retranscrit dans le texte exactement ce qu’il m’a répondu ! C’est le passage où Onil pose la question à Ambroise quand ils marchent tous deux vers la maison d’Ambroise… …et comme je vous l’ai déjà dit, les connexions d’Onil avec le prénom « Ulysse »auront l’occasion de s’approfondir encore…
Toutes les mythologies sont emplies de symboles qui se retrouvent de l’une à l’autre et tout parcours initiatique est jalonné d’épreuves qu’on peut apparenter d’un parcours à l’autre. D’un texte comme le mien on peut extraire bien des interprétations. L’auteur écrit en articulant des tas d’idées dont il n’a pas forcement conscience et le lecteur lit en remodelant le tout avec tout ce qui sommeille dans son propre inconscient … Donc, oui… il y a certainement une influence de la mythologie grecque dans ce texte… ainsi que de beaucoup d’autres lectures que j’ai faites …et de ce qui fait notre fond
culturel commun…
Pourquoi je ne vous ai pas découverte quand vous étiez autoéditée? (Ne
répondez pas mais il fallait que je râle un peu !) J’ai posé cette question car lorsque Cécile était en auto-édition, il n’y avait pas à patienter aux moments cruciaux de l’histoire…et vous connaissez tous ma capacité à gérer ma frustration 😛
Mais si, je réponds ! Réaliser et promouvoir son autoédition est un travail énorme… un vrai travail où l’on découvre que chaque lecteur se gagne… l’un après l’autre. Que chacun d’entre eux compte et qu’on ne sait jamais d’où viendra la bonne surprise qui nous permettra de faire un pas de plus pour aller encore un peu plus loin à la rencontre de nouveaux lecteurs. … et les lecteurs potentiels sont tellement nombreux, ça donne le vertige ! Comment les atteindre tous ?!
Comment passe-t-on de l’autoédition à une maison d’édition? Ils sont venus
vous « chercher » ou c’est vous qui êtes allé les solliciter?
Je me suis autoédité pendant 3 ans. Une personne, Marie Odile, s’est retrouvée à devoir lire ce livre pour en faire la fiche de lecture d’une bibliothèque qui me l’avait acheté. Elle m’a dit (plus tard) qu’elle n’avait pas du tout envie de lire ce texte qu’elle pensait être de la littérature fantastique pour ados et donc pas du tout le genre de littérature qu’elle apprécie. Mais elle s’y est mise… par devoir…et elle s’est faite emporter. Un an et demi plus tard elle m’a dit être lectrice pour un éditeur à qui elle a parlé de ma saga. L’éditeur (Sudarènes) m’a contacté et m’a demandé de lui faire parvenir le fichier du tome 1 qu’il m’a par la suite proposé de publier.
Des nouvelles d’Onil… Bulletin n°10 dim. 28/06/15 10:58
[…]
J’avais saisi ce qu’était l’édition à compte d’auteur. C’est à peu près le chemin que j’ai suivi
jusqu’à aujourd’hui sauf que je l’ai fait en autodidacte, sans aucun intermédiaire. Vous n’êtes pas étrangers à cette réussite : beaucoup d’entre vous ont été de précieux acteurs dans cette entreprise qui a permis à mon texte de devenir des livres. Mon activité d’auto-éditeur n’est pas terminée puisqu’il ne me reste pas assez de livres pour la signature que je me suis engagée à faire le 12 juillet…
Je vais donc faire imprimer à nouveau un nombre de séries… au risque de remplir mon grenier d’invendus tous neufs et bien emballés si je signe prochainement avec un éditeur… Bref… les questions logistiques de gestion de stock sont compliquées…
Bien sûr, parallèlement à cette aventure d’autoédition j’ai continué à rêver de Gallimard ou de Robert Laffont… et j’ai mis du temps à comprendre que même si je faisais partie des «élus», même si j’avais la chance d’intéresser un « vrai éditeur », un de ceux qui essaime en tête de gondole dans toutes les librairies de France et de Navarre, la déception aurait de fortes chances d’être au rendez-vous là aussi : l’auteur novice se pense lancé et croit atteindre sans mal les milliers de nouveaux lecteurs qui n’attendent que de le lire. L’auteur novice déchante le plus souvent…. Étant peu connu,ses livres seront peu ou pas vendus et finiront au pilon. …et, (ce qui est bien plus désolant pour lui), son titre dès lors ne sera plus édité et il ne pourra plus se faire éditer ailleurs à cause du contrat d’édition.
Ce que je retiens des renseignements, infos, témoignages que je glane partout où je peux sur ce sujet, c’est que quel que soit le moyen d’être édité, c’est l’auteur, et lui seul qui vend ses livres. Les réseaux de distribution ne vendent quasiment pas les livres d’inconnus, et rien ne dispensera l’auteur de faire de la publicité, créer un site Internet, participer à des foires… bref … de se démener pour faire parler de lui…
Sudarènes édite «à compte d’éditeur»… Je découvre de quoi il s’agit… Ce sont généralement de petites structures qui gardent une grande flexibilité. Une analyse trouvée sur un blog m’a bien aidé à me faire une idée sur ce que cette formule pouvait m’apporter : « Les maisons d’édition à compte d’éditeur sont particulièrement intéressante pour les jeunes auteurs. C’est là qu’un nouvel auteur va le mieux apprendre sur le monde de la littérature. En plus, ces éditeurs forment souvent une communauté d’auteurs forte et passionnée qui va vous intégrer rapidement pour dénouer les différents nœuds pouvant vous freiner.
Vous aurez plus facile à vendre votre livre car les lecteurs sauront qu’il a été accepté par un comité de lecture sélectif. » La suite est moins rose : « Les points noirs sont évidents. Ces éditeurs sont en général peu enclins à investir dans la publicité et la promotion des jeunes ouvrages. Ils seront donc souvent mal distribués et indisponibles. »
Bon… Je résume pour ceux d’entre vous qui arrivent à me suivre : il n’y a pas de bon ou de
mauvais système d’édition. Il y existe par contre de bon et de mauvais éditeurs et il faut faire attention de choisir pour son bébé un éditeur qui mouillera la chemise en matière de promotion. […]

Pour ceux qui voudrait s’abonner aux bulletins de Cécile Koppel dont vous avez un extrait si dessus, vous pouvez la contacter par MP sur facebook ou me laissez un commentaire et je ferais suivre 😀
Les mots de l’auteure 😀

Un mot sur ce qu’a été pour moi le début de cette aventure d’écriture. Écrire s’est avéré être une expérience incroyable ! Forte, unique, fascinante… à la fois extraordinaire et dangereuse pour l’équilibre de ma vie. Pendant cette transe qui a duré 2 ans, j’ai continué à aller travailler 7 heures par jour et j’ai écrit au minimum 8 heures par jours (et souvent bien plus, les samedis, les dimanches, les jours fériés, les nuits, pendant les vacances…) Pendant deux années, j’ai consacré à Onil absolument tout le temps dont je disposais. Cela m’a même fait peur. Je n’avais plus sommeil, plus faim, plus envie de rien d’autre que de rejoindre mes personnages. Il y avait une sorte d’urgence à avancer. Une urgence que je ne comprenais pas et qui m’a impressionnée par son exigence et sa puissance. Depuis j’ai découvert en parlant autour de moi qu’un acte de création peut revêtir cette forme et que d’autres ont vécu des sensations similaires.
C’est une expérience qui n’est pas sans conséquence. Elle a changé en moi quelque chose…
profondément… Mais c’est le cas de toutes les expériences fortes que l’on fait dans sa vie. Écrire oblige à descendre « en soi ». À approcher des facettes de nous-même qu’on n’est pas forcément prêt à approfondir. A se poser beaucoup de questions sur la façon dont on fonctionne… sur ce qui nous fait vibrer… sur les relations que l’on a avec ceux qui nous entourent… Ce qui m’intéresse, ce qui m’emporte, c’est faire évoluer ce regard que chacun de nous porte autour de lui et qui se transforme au fur et à mesure de nos expériences… c’est interroger ma propre vie, mon propre monde à travers des expériences multiples.

« Je suis très surprise de cette aventure que me font vivre mes héros dans ma vraie vie. J’ai cru être maître de mes personnages… j’ai cru qu’écrire, c’était un peu comme être un dieu de l’Olympe… Eh bien, pas du tout. C’est eux qui m’ont emporté… Voilà 5 ans qu’ils m’entraînent dans une formidable aventure… et je me démène pour nous emporter (eux et moi) toujours plus loin, curieuse de toutes les étapes de ce voyage qu’ils me font faire. Peu importe où tout ça nous mènera. C’est le voyage lui même qui est passionnant… toutes ces rencontres que je fais et cet étrange sentiment de partager avec mes lecteurs une même « famille » … celle que j’ai créé et qui n’existe que parce que j’arrive à la partager… »

Je sais que cet article est un peu long mais j’avoue que je la trouve passionnante…et j’espère que ça sera votre cas

Bonne lecture !!  ❤ 😀

 

 

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Auteur : lafontmagali

Accro de lecture mais pas très douée pour écrire, je me suis lancée avec ma fille dans la lecture de notre bibliothèque avec la volonté d'écrire une chronique sur chacun des livres lus....vous aurez donc l'occasion de voir à quel point ma fille de 13 ans écrit beaucoup mieux que moi ...bonne lecture !!!

7 réflexions sur “Interview de Cécile Koppel

  1. J’aime beaucoup ton article et ce genre d’article en général. Cela permet de voir l’humain derrière l’auteur qui au final reste un personnage abstrait caché derrière ses créations. Du coup alors même que la série ne fait partie de ce que je lis, j’ai envie de la découvrir maintenant qu’on en a appris plus sur les « coulisses » et la personne qui se cache derrière celle-ci.

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  2. sa donne vraiment envie de lire ces livres même si c’est pas du tout mon genre. et super cool de pouvoir parler avec un auteur

    Aimé par 1 personne

  3. Intéressant de rencontrer les auteurs et de discuter de leurs univers romesques!

    Aimé par 1 personne

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